La 48e édition d’IFTM Top Resa, organisée du 15 au 17 septembre 2026 à Paris, Porte de Versailles, s’est achevée sur un bilan particulièrement positif.
Pendant trois jours, 34 638 professionnels du tourisme ont parcouru les allées du salon, contre 32 022 en 2025, soit une progression de 8,2 %. Agents de voyages, tour-opérateurs, acheteurs, hôteliers, réceptifs, transporteurs, institutions, journalistes et investisseurs sont venus à la rencontre de 1 625 marques représentant 180 destinations.
La fréquentation des agents de voyages a progressé de 4,95 %, tandis que 18 592 rendez-vous ont été confirmés par l’intermédiaire de la plateforme Everywhere, contre 16 725 l’année précédente. Une augmentation de 11 % qui confirme la vocation profondément commerciale du salon.
Au-delà de sa fréquentation, cette édition s’est distinguée par la qualité des profils présents et par une volonté clairement affichée : faire d’IFTM un espace où les discussions débouchent sur des opportunités concrètes.

Une présence africaine forte et diversifiée

L’Afrique a occupé une place importante lors de l’édition 2026 d’IFTM Top Resa, avec un éventail particulièrement large de destinations représentées dans les allées du salon.
L’île Maurice, les Seychelles, Madagascar, l’Égypte, la Tunisie, le Maroc, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Conakry, la Namibie, le Cabo Verde, le Botswana, la Tanzanie et la Sierra Leone comptaient parmi les destinations africaines venues présenter leurs offres touristiques pendant ces trois journées.
Cette représentation particulièrement étendue témoignait de l’extraordinaire diversité du continent, de l’Afrique du Nord à l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique de l’Est à l’Afrique australe, sans oublier les îles de l’océan Indien et de l’Atlantique.
De nombreux stands africains se sont distingués par leur qualité. Espaces soigneusement conçus, photographies immersives, éléments culturels et échanges directs avec les professionnels du tourisme ont permis de susciter un véritable intérêt et de proposer une vision plus complète du voyage en Afrique.
Les expériences présentées dépassaient largement les représentations touristiques traditionnelles : séjours balnéaires, patrimoine culturel, safaris, gastronomie, bien-être, hôtellerie haut de gamme, aventure, tourisme communautaire ou encore nouvelles expériences urbaines.
Ensemble, ces destinations ont présenté une Afrique confiante, ambitieuse et de plus en plus déterminée à maîtriser son propre récit touristique.
La variété des pays présents a également rappelé que l’Afrique ne peut pas être promue comme une destination unique et uniforme. Chaque pays possède sa propre identité, ses cultures, ses paysages, son offre hôtelière et ses priorités de développement.
De l’attractivité internationale de l’île Maurice et des Seychelles à la biodiversité exceptionnelle de Madagascar, en passant par les modèles touristiques fondés sur la préservation de la nature du Botswana et de la Namibie, ou encore par l’association du safari et du littoral en Tanzanie, le continent a offert aux professionnels une remarquable diversité de possibilités.
Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Conakry et la Sierra Leone ont également mis en avant la richesse culturelle et touristique de l’Afrique de l’Ouest. L’Égypte, la Tunisie et le Maroc ont, quant à eux, confirmé la place majeure de l’Afrique du Nord sur le marché touristique international, tandis que le Cabo Verde a illustré l’attractivité croissante des destinations insulaires associant culture, nature et identité atlantique.
L’Afrique n’a pas besoin d’être réinventée. Elle a besoin d’être montrée telle qu’elle est : diverse, contemporaine, accueillante et riche de possibilités.


Le B2B revient au centre du tourisme

Le succès des rendez-vous organisés pendant IFTM 2026 montre également que les professionnels recherchent des échanges plus ciblés.
Cette tendance a été renforcée par le lancement du Club Affaires, un programme de rencontres individuelles préqualifiées entre exposants et acheteurs corporate. Les participants ont pu enchaîner des entretiens de quinze à vingt minutes dans un cadre conçu pour favoriser des discussions directement opérationnelles.
Ce format devrait être développé lors de la prochaine édition.
Pour les destinations, hôtels, agences réceptives et entreprises touristiques africaines, cette évolution représente une véritable opportunité. Elle permet de dépasser la logique du stand institutionnel pour privilégier des échanges préparés autour de besoins précis : hébergement, connectivité, voyages d’affaires, MICE, circuits, expériences premium, tourisme durable ou encore solutions technologiques.
À condition, toutefois, que les acteurs disposent en amont des informations nécessaires : tarifs actualisés, disponibilités, politiques commerciales, contenus visuels de qualité, contacts fiables et propositions adaptées aux marchés ciblés.

Une représentation africaine à renforcer collectivement

L’Afrique ne manque ni de destinations, ni d’histoires, ni d’expériences capables de séduire les voyageurs internationaux. Elle doit cependant encore renforcer la coordination entre ses institutions, ses opérateurs privés, ses hôtels, ses compagnies aériennes, ses réceptifs et ses plateformes de distribution.
Trop souvent, les initiatives restent isolées. Un pays communique de son côté, un hôtel tente de se faire connaître seul, une agence réceptive développe son propre réseau et les entreprises technologiques évoluent parallèlement.
Or, la concurrence internationale se joue désormais sur la capacité à construire un écosystème cohérent.
Les destinations qui progressent sont celles qui associent promotion, accessibilité, formation, commercialisation et distribution. Elles facilitent également l’accès des petites structures aux marchés internationaux, afin que les retombées du tourisme ne bénéficient pas uniquement aux grands groupes.
La présence africaine dans les salons internationaux doit donc être pensée comme une chaîne de valeur complète : attirer l’attention, rassurer les partenaires, faciliter la contractualisation et maintenir la relation après l’événement.

L’Ouzbékistan, un exemple de stratégie intégrée

Pays mis à l’honneur cette année, l’Ouzbékistan a déployé une présence mêlant promotion culturelle, gastronomie, artisanat, rencontres institutionnelles et rendez-vous B2B.
Cette stratégie intervient alors que le pays connaît une forte croissance touristique. Il a accueilli 11,7 millions de visiteurs internationaux en 2025, dont près de 30 000 Français. Au premier semestre 2026, la fréquentation française a encore augmenté de 25,8 % sur un an.
L’exemple ouzbek rappelle une réalité essentielle : la visibilité internationale produit davantage de résultats lorsqu’elle s’appuie sur une vision coordonnée, portée simultanément par les pouvoirs publics et les professionnels du secteur.
Plusieurs destinations africaines disposent des atouts nécessaires pour suivre une trajectoire comparable. Encore faut-il construire une présence continue, lisible et orientée vers les marchés émetteurs prioritaires.

Après IFTM, le travail commence

IFTM 2026 aura confirmé que le tourisme mondial reste un secteur de relations humaines, mais aussi de préparation, de données et de résultats mesurables.
Pour l’Afrique, le message est clair : sa présence dans les grands salons internationaux est indispensable, mais elle doit désormais être accompagnée d’une stratégie plus ambitieuse de commercialisation et de suivi.
Transformer une rencontre en partenariat, une découverte en réservation et une destination émergente en choix évident : c’est là que se joue la véritable valeur du voyage.
La prochaine édition d’IFTM Top Resa se tiendra du 5 au 7 octobre 2027 à Paris, avec le Mexique comme pays à l’honneur. D’ici là, les acteurs africains ont une année pour préparer non seulement leur participation, mais surtout les résultats qu’ils souhaitent en obtenir.


Source des chiffres : communiqué de presse officiel IFTM Top Resa, 21 septembre 2026.
Crédit photo suggéré : Stéphane Laure / IFTM Top Resa.
Partager : WhatsApp LinkedIn X Facebook
Tous les articles